Ce dont je rêve avant les JO de #Paris2024 !

« Je rêve des jeux » le slogan est-il prémonitoire. Mais obtenir les jeux est-ce un rêve ? Les anglais en ont rêvés, ils les ont organisés.  Aujourd’hui ils  constatent est baisse significative du nombre de pratiquants sportifs … depuis les jeux de Londres.  « L’héritage de Londres semble avoir été oublié.  Les statistiques sportives actives sont absolument horribles. «  souligne une étude publiée il y a quelques semaines !  lien vers l’étude

Alors pourquoi rêver des jeux ?


–       Pour faire rayonner la France, obtenir le maximum de médailles, se doter d’équipements de haut niveau, remplir des hôtels, montrer le savoir faire français,  laisser un héritage… C’est le discours officiel

–       Pour servir les intérêts de quelques  initiés qui sont directement concernés : en premier lieu des élus et dirigeants en première ligne dont le calendrier de la candidature coïncide avec le calendrier politique,  (cf notre papier  2015-02-10 Candidature aux JO de 2024:l’important c’est 2017 ! ) ensuite des sportifs en quête d’un destin national et enfin quelques entreprises directement impliquées dans l’organisation des jeux .  C’est un peu le sentiment que donne la candidature aujourd’hui qui peine à mobiliser.

« Il faut que 90 % des français soient favorables à l’organisation desJO »  martelait B Lapasset lors du lancement de la campagne de financement participatif.  De son coté D Masseglia considérait que le critère le plus importantétait la mobilisation
Force est de constater que la mobilisation n’est pas au rendez vous. Le 27 octobre « Sur 180 000 clubs en France, dix ont acheté des boîtes de bracelets… «  constatait D Masseglia dans le Parisien
Difficile effectivement de faire rêver les français à cette candidature alors que rien dans le quotidien des pratiquants ne les y incite aujourd’hui. Quant aux clubs comment les mobiliser pour un événement dont ils pensent aujourd’hui qu’ils en seront exclus ? L’image renvoyée par certaines fédérations avec notamment des affaires de corruption ou de gouvernance, renforce cette déconnexion de plus en plus criante entre la base et les fédérations.
–       Ou pour faire du sport  un véritable enjeu de société. C’est selon nous ce qui justifie de se mobiliser. Dans un contexte où l’objectif est d’organiser des jeux raisonnables en construisant le minimum d’équipements difficile de plaider un héritage autre que sociétal.
Pour nous, l’organisation des jeux n’est pas une finalité mais un moyen. Alors profitons de la candidature et à fortiori si Paris est désigné, profitons de Paris 2024 pour faire bouger les lignes.

En premier lieu pour porter une grande politique d’éducation par le sport.



La force de Paris 2024 est de porter des valeurs olympiques,  et permettre de rassembler autour d’un projet commun. 
Alors imaginons un kit  à l’attention des enseignants qui pourraient utiliser le support des JO pour les cours d’histoire, de géographie, mais aussi de mathématiques (exemple des épreuves chronométrées, des sauts…. ) d’instruction civique (respect de la règle, …. )  un kit pour les éducateurs dans le cadre des activités péri éducatives et des clubs à l’instar du cube « le sport ça me dit » de Coca Cola. . Le kit comporterait à la fois du contenu en terme d’enseignement mais également du matériel d’animation (matériel sportif, matériel éducatif, …. )
Associons d’abord les collectivités locales à travers un label « Ville partenaire de la candidature »  puis ensuite (…) de Paris 2024. En contre partie de ce label, les collectivités prendraient l’engagement de développer des actions,  de l’autre Paris 2024 accompagnerait ces collectivités avec des supports de communication, des objets de promotion et du contenu pédagogique.
Il est illusoire de penser qu’aujourd’hui la mobilisation autour de la candidature ne peut se réaliser qu’à travers les réseaux sociaux.

En second lieu pour réformer l’organisation du sport en France


Avant la décentralisation le sport en France s’est construit sur une organisation verticale basée sur la tutelle de l’Etat sur les communes. L’organisation était simple. La pratique se limitait à la compétition sportive et à l’éducation physique. Les financements étaient essentiellement publics.

Des années 80 jusqu’à la première décennie du 21ème siècle, l’organisation du sport s’est complexifiée en raison notamment de la création de collectivités territoriales de plein exercice, du renforcement de l’intercommunalité, de l’apparition d’opérateurs privés qui ont accompagné le phénomène de massification et de  diversification de la pratique sportive.

Durant ces 3 décennies les acteurs du sport sont entrés dans un processus de contractualisation tout azimut.    Le club contractualise avec la commune, l’intercommunalité, le département,  la région,  l’Etat et parfois plusieurs fois avec la même collectivité sur des politiques différentes. Quant aux collectivités territoriales  la règle est devenue le co –financement des projets ce qui a pour conséquence de ralentir les initiatives et de compliquer des démarches déjà lourdes.  La chasse aux subventions devient la priorité des acteurs du sport. Très symptomatique le CNDS  qui représente moins de 10 %  du financement des projets, fait parler de lui à chaque réunion ! 
La baisse des dotations de l’état, la diminution des financements publics et la réforme territoriale signent la fin de ce modèle fondé sur la hiérarchie contractuelle et la dépendance publique. D’ailleurs Bercy enfonce le clou en s’interrogeant sur les financements publics accordés au sport. Le sport fait partie des 12 politiques qui seront examinées en 2016 par Bercy pour faire de nouvelles économies (interventions estimées à 13 milliards d’euros – cf article les Echos)  
La réforme territoriale (loi MAPTAM, loi relative à la délimitation des régions et loi Notre) est plus qu’un simple changement d’échelle, un territoire urbain « en plus grand », c’est véritablement un changement de gouvernance, une nouvelle manière de conduire les politiques publiques.  

La réforme territoriale c’est   l’avènement d’un fonctionnement en réseau et la mise en place de nouveaux mécanismes de solidarité et de financements.


La montée en puissance des réseaux est une tendance lourde. Et pas uniquement les réseaux sociaux qui proposent une façon inédite de vivre ensemble et de s’organiser, qui induisent de nouveaux comportements comme le refus de subir et la volonté de s’adapter à des flux, de pouvoir choisir. L’ubérisation du sport est en marche.  La montée en puissance des réseaux concerne également les relations entre les acteurs eux-mêmes. Les territoires doivent travailler entre eux. Les villes moyennes avec les métropoles, les villes moyennes entre elles dans une stratégie d’ »Amis concurrents » pour peser sur la métropole. Désormais la solidarité n’est plus verticale face au désengagement de l’Etat mais horizontale. Dans le sport, ce fonctionnement en réseau reposant sur l’intelligence collective s’applique à tous les niveaux : –       Pour le sport pro : peut on avoir plusieurs  clubs pros dans la même région à 50 km de distance ? –       Pour le HN : une agglomération a t-elle les moyens de soutenir toutes les disciplines. Peut-on continuer dans certains territoires à maintenir une politique quasi identique entre la région et l’Etat ?   –       Pour la pratique à l’échelle d’une  Communauté de Communes ou d’une communauté d’agglomération. Une commune doit-elle offrir toutes les pratiques sportives à ses habitants ? –       Faut-il maintenir un comité départemental dans les départements où est présent un comité régional ? Cette nouvelle façon de construire les politiques publiques favorise la logique de négociation et d’échange au détriment d’une logique de subvention. D’ailleurs de nouveaux mécanismes de financement sont en route comme le mécénat de collectivités, le crow fonding, l’échange tout simplement, avec des plateformes de plus en plus performante.
Alors que le sport est défini par  la réforme territoriale comme une compétence non obligatoire et partagée (cf notre édito Le sport dans la loi Notre et maintenant que fait-on ?  ), il est urgent d’inscrire le sport à l’agenda des conférences territoriales de l’action publique au lendemain des élections régionales, mais il est encore plus urgent que les acteurs du sport se prennent en main et se mettent à travailler ensemble territoire par territoire à la définition de politique sportives.  
 Dans un courrier daté du 2 novembre adressé au premier ministre, Denis Masseglia dénonce une baisse de 8 % des crédits d’Etat affectés aux fédérations sportives, et rappelle que 2016 est non seulement une année olympique mais également l’année de la  campagne de promotion de la candidature de Paris 2024.
Le mouvement sportif est-il capable de peser sur les décisions politiques ? Un DGA d’une grande collectivité territoriale me disait récemment : »La différence entre la culture et le sport c’est que quand  tu baisses de 15 %  les subventions  le mouvement sportif te téléphone pour te remercier alors que les acteurs culturels qui ne sont pas organisés en tout cas moins que les sportifs sont capables de  se mobiliser en quelques jours  pour te mettre la pression et souvent obtenir gain de cause. « .
Sous réserve que  les acteurs en perçoivent l’intérêt,  la mobilisation tant attendue pour la candidature viendra de la base tout comme le passage à une nouvelle gouvernance.
Plus que jamais et sans attendre et afin que le rêve devienne réalité, il est grand temps que les acteurs du sport se mobilisent, les Français suivront.

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